Philippe Cognée à la Galerie Templon


« Carne dei Fiori », de Philippe Cognée, à la Galerie Templon (Paris 3e), en 2019.
« Carne dei Fiori », de Philippe Cognée, à la Galerie Templon (Paris 3e), en 2019. BERTRAND HUET TUTTI

Voici le dernier chapitre en date de la très longue histoire de la peinture de fleurs. Il est de Philippe Cognée, qui a quitté pour une serre ou un jardin les abattoirs et les cités géométriques où il prenait précédemment ses sujets. L’examen attentif et de très près des roses, des pivoines et des amaryllis lui fait découvrir dans leurs pétales et corolles d’autres formes vivantes. Les unes ne surprennent pas, la poésie et la littérature érotiques ayant depuis très longtemps célébré certaines analogies de formes et de couleurs entre fleurs et parties du corps féminin – et du masculin, plus rarement.

Formes déchirées en grand format

Mais d’autres ressemblances sont moins tendres : lambeaux de peaux écorchées, minces voiles de chairs sanglantes striées de nerfs blancs, désordre d’entrailles révélé par un éventrement violent. A distance des toiles, on croit voir s’ouvrir des yeux et des plaies. Cognée projette ces formes déchirées en grand format, sur des fonds sombres qui, par contraste, accroissent l’intensité des carmins, des pourpres et des jaunes soufrés. Quoiqu’il peigne à la cire, technique lente, le dynamisme du geste pictural n’en est pas affecté, si peu même que les plus grandes toiles font songer au Greco, à ses ascensions tout en torsions et en drapés flottants. Renouveler un motif aussi banal, c’était s’engager délibérément dans une expérience dangereuse. Cognée le savait, s’y est risqué et en a rapporté une de ses meilleures expositions.

« Carne dei Fiori », par Philippe Cognée, Galerie Templon, 28, rue du Grenier-Saint-Lazare, Paris 3e. Jusqu’au 7 mars. Du mardi au samedi de 10 heures à 19 heures, templon.com



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