Key Hiraga chez Loeve&Co et « In abstracto #2 » chez Christian Berst


  • Key Hiraga, Paris 1964-1974
    Galerie Loeve&Co
Vue de l’exposition consacrée à la période parisienne, 1964-1974, de l’artiste japonais Key Hiraga à la galerie Loeve&Co, à Paris.
Vue de l’exposition consacrée à la période parisienne, 1964-1974, de l’artiste japonais Key Hiraga à la galerie Loeve&Co, à Paris. GALERIE LOEVE&CO

Depuis son ouverture en février 2019, la galerie Loeve&Co s’attache à rappeler au bon souvenir du monde de l’art des figures oubliées de la modernité. Ce mois-ci, c’est au tour de Key Hiraga (1936-2000), qui passa dix ans à Paris, de 1964 à 1974, avant de retourner dans son Japon natal. Influencé à ses débuts par Jean Dubuffet, comme en témoigne une toile grisaille fourmillante de motifs enchevêtrés, il produisit ensuite des toiles des plus singulières, aux couleurs vives. Têtes à demi-coupées, yeux injectés de sang, maquillage outrancier, peau maculée de pois, spermatozoïdes déployés : ses personnages sont assez terrifiants malgré leurs costumes qui évoquent le Swinging London et leurs chromies pétulantes. Mi-hommes mi-femmes, ou alternativement, avec leur soutien-gorge et leur phallus, transgenres avant l’heure, ils rappellent les grotesques mises en scène de Tetsumi Kudo (1935-1990), qui fut un temps l’ami de Key Hiraga, et est depuis peu devenu une star du marché. L’univers d’Hiraga est tout autant hanté par le traumatisme de la bombe atomique, mais il garde, lui, encore des zones d’ombres à explorer. Emmanuelle Lequeux

Loeve&Co, 15, rue des Beaux-Arts, Paris 6e. Jusqu’au 18 avril, du mardi au samedi, de 14 heures à 19 heures.

  • In abstracto #2
    Galerie Christian Berst
Sans titre (2019), par Séverine Hugo, marqueur sur page de livre de compte.
Sans titre (2019), par Séverine Hugo, marqueur sur page de livre de compte. AMANDINE NANDRIN/LA S GRAND ATELIER/GALERIE CHRISTIAN BERST

Question classique en histoire de l’art : les origines de l’abstraction. Réponse classique au XIXe siècle : l’art a commencé abstrait, comme le prouvent la vannerie et les décors des premières poteries. Depuis, la découverte de l’art pariétal a ruiné cette thèse. Il n’en demeure pas moins qu’il existe des formes d’abstraction spontanée. L’exposition « In abstracto #2 » le démontre en une trentaine de créatrices et créateurs, autodidactes, médiums ou internés. Leurs travaux, le plus souvent sur papier, datent pour la plupart de la seconde moitié du XXsiècle, mais il y en a aussi de très récents. Quels que soient les lieux et les dates d’exécution, des proximités apparaissent entre les œuvres. La passion pour des géométries complexes développées avec une minutie extrême rassemble Albert Moser, John Urho Kemp, Julius Bockelt et l’anonyme surnommé « Le Cheminot ». Les entrelacs organiques obsèdent Thérèse Bonnelalbay, Raphaël Lonné, Yuichi Saito et Patricia Salen. Les diagrammes et schémas d’allure scientifique exercent leur attraction sur Séverine Hugo, Melvin Way, John Devlin ou Pepe Gaitan. Chacun a sa langue, dont on cherche à comprendre l’organisation, exercices de décryptage passionnants et frustrants à la fois.



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