Amateur d’Ensor? Découvrez cette collection extraordinaire à la BRAFA


À ne pas manquer à la foire d’art et d’antiquités de Bruxelles: Samuel Vanhoegaerden présente simultanément 38 œuvres d’Ensor et il prévient qu’il n’arrivera “plus jamais à les rassembler.”

Les entrepreneurs belges tels que Bart Versluys, Fernand Huts ou Frank Deceuninck l’auront certainement remarqué: pendant dix ans, le marchand d’art Samuel Vanhoegaerden a constitué, dans la plus grande discrétion, une importante collection d’œuvres de James Ensor. Son exposition consacrée à Ensor, 12 tableaux et 26 dessins de la période 1888 à 1940, est l’apothéose de la Brafa 2020.



Ce n’est pas un hasard si d’importantes rétrospectives sur Ensor ont été récemment présentées.

Seules quelques personnes étaient informées de ses projets. “Il faut remonter aux années 1980 pour retrouver une vente d’une telle ampleur. Il n’était pas évident de conserver toutes ces œuvres pendant aussi longtemps, financièrement parlant. Il m’est arrivé d’en vendre une, ce qui m’a permis de rencontrer les collectionneurs. Et, à chaque fois, j’ai utilisé le produit de la vente pour en acheter une meilleure.”

©Alexander Popelier

La pièce maîtresse de cette exposition? ‘La Tentation de Saint-Antoine’ (1890), un grand dessin sur panneau préparé. Prix demandé: 700.000 euros. “L’œuvre n’avait jamais été mise sur le marché. Elle a le même sujet et le même titre que son célèbre dessin de 1887, qui se trouve à l’Art Institute of Chicago”, précise le collectionneur. “Parallèlement, nous avons découvert deux tableaux sur panneau qui ne figuraient pas dans le catalogue raisonné de Xavier Tricot.” 

Pourquoi Brafa

©Alexander Popelier

C’est le stand le plus ambitieux qu’il ait jamais eu à la Brafa. Pourquoi avoir choisi cette foire pour présenter sa collection secrète? “La Brafa est l’idéal, car Ensor est un artistes majeur et tous les collectionneurs se déplaceront. Je serais moins visible à des foires telles que la Tefaf à Maastricht ou Frieze Masters à Londres. Avec le niveau et les moyens dont je dispose, je préfère décrocher le soulier d’or plutôt que de rester sur le banc de touche au Real Madrid.”

Pour soutenir son exposition, il publie un  livre de 244 pages, un travail réalisé avec des spécialistes du peintre: Herwig Todts, Susan M. Canning et Patrick Florizoone. “Cet ouvrage représente un effort important, mais il donne plus de poids à l’exposition”, affirme le collectionneur.

Œuvre sous-évaluée

Ensor n’a peint que 850 œuvres dans sa vie, et Picasso environ 15 000. Il est donc logique que le marché commence à se tarir. Ses premières œuvres, réalisées entre 1887 et 1900, sont particulièrement rares et prisées, mais la moitié de la centaine de tableaux de cette période se trouve déjà dans des musées ou des collections familiales – ce qui se répercute sur  sur la cote de l’artiste.

Le Belge ne présentera pas d’œuvres de ce calibre à la Brafa. Pour cette exposition, il s’est concentré principalement sur l’œuvre tardive d’Ensor. “Elle est sous-évaluée. Du point de vue de l’histoire de l’art, une pièce telle que ‘L’entrée du Christ à Bruxelles’ est l’équivalent artistique des ‘Tournesols’ de Van Gogh. Mais sa marine de 1910, aujourd’hui mise aux enchères pour 200.000 euros, n’a rien à envier à une marine de son contemporain Emil Nolde, qui peut atteindre 1,8 million d’euros.

“Bien qu’Ensor ait été critiqué dès 1881, lors de sa première participation à un salon, il a toujours eu des acheteurs et des admirateurs fidèles. À partir de 1910, les musées ont suivi, avec une série de grandes expositions en Europe. Des artistes comme Nolde, Edouard Vuillard et Wassily Kandinsky venaient lui rendre visite à Ostende, il a représenté la Belgique à la Biennale de Venise en 1926 et le roi Albert Ier l’a anobli en 1929.”

“Ses œuvres plus tardives, souvent plus claires, se retrouvent dans d’importantes collections privées et musées internationaux”, détaille le collectionneur. “Ce n’est pas un hasard si d’importantes rétrospectives ont été récemment présentées, aussi bien au MoMa qu’au Getty Museum de New York, à la Royal Academy de Londres et au Musée d’Orsay à Paris.”

©Alexander Popelier

Découvrir Ensor



Je continuerai à collectionner Ensor, même après l’exposition de la Brafa.

Samuel Vanhoegaerden a découvert Ensor dans les années 80, par le truchement de ce qui était alors sa belle-famille. Son beau-père avait reçu de la famille De Broqueville treize (!)Ensor, qu’il a pu vendre à titre privé. Le futur  marchand d’art a été stupéfait par leur radicalité et leur qualité. “Ensor a été le premier artiste auquel je me suis intéressé. J’ai pu acheter une œuvre de cette collection exceptionnelle, et je l’ai renvendue un peu plus tard. C’est comme ça que je suis entré dans le métier et que j’ai commencé à constituer ma collection Ensor.”

“Le moment est venu de montrer ces œuvres. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’après la Brafa, je me désinterresserai de l’œuvre d’Ensor, au contraire: je continuerai à le collectionner, même après l’exposition de la Brafa. En attendant, je continue à travailler discrètement à ma prochaine exposition.”



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